11 / 02 / 2026

Pourquoi un seul gène ne suffit pas à comprendre votre métabolisme

Les tests génétiques attirent de plus en plus l’attention. Des gènes comme MTHFR, COMT, FUT2 ou APOE sont souvent présentés comme des clés permettant de comprendre sa santé, son alimentation ou ses besoins en compléments alimentaires. L’idée est séduisante : il suffirait de connaître ses gènes pour savoir exactement quoi faire. Pourtant, la réalité biologique est bien plus complexe, et une approche trop simplifiée peut être trompeuse.


Le métabolisme humain fonctionne comme un réseau

Le métabolisme ne dépend jamais d’un seul gène. Les grandes fonctions du corps — production d’énergie, équilibre hormonal, détoxification, inflammation, digestion ou régulation du sucre — reposent sur de nombreux gènes qui travaillent ensemble. Lorsqu’un gène est moins performant, d’autres peuvent souvent compenser. C’est pourquoi une variation génétique isolée explique très rarement, à elle seule, la manière dont une personne fonctionne. Se focaliser sur un seul gène revient à observer une pièce d’un puzzle sans voir l’image globale.


Les gènes les plus médiatisés sont souvent très répandus

Les variations génétiques les plus connues sont aussi les plus fréquentes dans la population. Une grande partie des individus porte au moins une variation de gènes comme MTHFR ou COMT sans pour autant présenter de problème de santé particulier. Si ces gènes avaient un impact majeur à eux seuls, une grande partie de la population serait malade, ce qui n’est évidemment pas le cas. Leur influence dépend fortement du contexte global du corps, de l’alimentation et du mode de vie.


Les gènes interagissent entre eux

Un aspect souvent oublié est que les gènes ne fonctionnent jamais de manière isolée. Ils interagissent en permanence ; c’est l’épistasie. Une variation génétique peut voir son effet renforcé, atténué, voire complètement neutralisé par d’autres gènes. C’est pour cette raison que deux personnes porteuses de la même variation peuvent réagir de façon très différente. Sans une analyse plus large, ces interactions restent invisibles et les conclusions peuvent être erronées.


Comprendre les grandes fonctions du corps est plus utile que regarder un gène isolé

Les professionnels de santé raisonnent en systèmes et en fonctions, pas en gènes pris séparément. Une analyse génétique plus globale permet de mieux comprendre l’équilibre général du métabolisme, d’identifier certaines fragilités fonctionnelles, mais aussi de reconnaître les capacités de compensation du corps. Cette approche est bien plus pertinente que de réduire une personne à un « gène défectueux ».


L’expression des gènes dépend fortement de l’environnement

Les gènes ne sont pas une fatalité. Leur expression est influencée par de nombreux facteurs, comme l’alimentation, le stress, le sommeil ou l’activité physique. Un test basé sur un seul gène ne peut pas prédire comment une personne réagira à son environnement. En revanche, une vision plus large permet de mieux comprendre quels aspects du mode de vie peuvent soutenir ou fragiliser certaines fonctions du corps.


Une approche trop ciblée peut créer de la peur et de la sur-interprétation

Se concentrer sur quelques gènes « à la mode » peut générer des inquiétudes inutiles et encourager des conclusions trop rigides. Cela peut conduire à des recommandations alimentaires excessives ou à une supplémentation inadaptée. Une analyse plus globale favorise une interprétation plus nuancée et réduit le risque de sur-analyser une variation génétique isolée.


La recherche scientifique privilégie de plus en plus les approches globales

Les données scientifiques actuelles montrent que l’analyse combinée de plusieurs gènes est plus pertinente que l’étude d’un seul gène pour comprendre le fonctionnement du corps. Cette évolution reflète mieux la réalité biologique et confirme que les approches globales sont plus fiables que les modèles simplistes basés sur une seule variation génétique.


Une meilleure compréhension pour des choix plus éclairés

Enfin, une analyse génétique plus large permet d’acquérir une compréhension plus réaliste et plus équilibrée de son métabolisme. Elle aide à faire des choix alimentaires et de mode de vie plus cohérents, sans tomber dans des raccourcis ou des peurs inutiles. La génétique devient alors un outil de compréhension et d’accompagnement, et non une étiquette figée.

Marimiina Pykälistö Quenor


Pour aller + loin rendez-vous sur la masterclass CERVEAU METABOLIQUE qui est sur notre application mobile à télécharger ici : https://app.vitaliseurdemarion.fr/

Partager