Le profil bactérien « Equiflore » : Un outil diagnostique innovant

Voici un article de  » Yann Olivaux  » Biophysicien, conférencier, auteur d’articles sur l’eau en sciences, économie, écologie et qualité de l’eau. Fondateur de l’association « CriiEAU » (Centre de recherche et d’information indépendant sur l’EAU) et auteur du livre « La nature de l’eau ». (Page Facebook « La nature de l’eau » et blog  » http://lanaturedeleau.blogspot.fr/« )

Marion Kaplan

intestin

Des bactéries et des hommes…

Il existe un «univers vivant» très actif, notamment au sein de nos intestins, encore largement méconnu d’un large public, appelé microbiote intestinal (flore intestinale). Celui-ci est composé essentiellement de bactéries mais aussi de levures, de moisissures, de virus (y compris les bactériophages), d’autres unicellulaires et pluricellulaires. Son nombre est estimé à une centaine de milliers de milliards d’individus (1014), soit dix fois plus que nos propres cellules (1013). Cette vaste communauté microbienne se compose d’environ un millier d’espèces bactériennes, appartenant à trois grands genres dominants dénommés «entérotypes» (phylums des Bacteroidètes, les Firmicutes et les Actinobacteria), pèse entre 1,5 et 2 kg et comprend plus de 3,3 millions de gènes, c’est-à-dire 150 fois plus que le génome humain!

Le microbiote intestinal

Le microbiote humain est vraisemblablement spécifique à son hôte, c’est-à-dire que chaque individu possède un profil entérotypique (intestinal) qui lui est propre en fonction de son âge, son sexe, son régime alimentaire… à l’instar de nos empreintes digitales.

De quoi est-il composé ?

Tout d’abord, d’une flore dominante résidentielle (fixée à l’intestin) : 99% du total et comprenant environ 109 bactéries/g.

Elle est composée de bactéries anaérobies strictes sporulées (Clostridium, Peptococcus) et non sporulées (Bifidobacterium, Lactobacillus) ainsi que des bactéries aérobies-anaérobies facultatives (E. Coli et autres coliformes, Enterococcus faecalis).

Ensuite, d’une flore de transit ou opportuniste (non fixée à l’intestin) : 1% – 103/g. Elle est variable d’un individu à l’autre car spécifique de son hôte et comprend des levures et moisissures, Bacillus et des Entérobactéries diverses.

Ces deux types de flore comprennent des bactéries « utiles » et d’autres possiblement pathogènes.

Ce microbiote humain est désormais considéré par les biologistes comme un «nouvel organe » à part entière dans la physiologie humaine. Il exerce des fonctions digestives, physiologiques et immunitaires qui sont essentielles au maintien d’une santé optimale. Il est en particulier impliqué dans l’immuniténaturelle, la protection contre les pathogènes et les infections (effet « barrière » au niveau intestinal), la dégradation des composés de l’alimentation (fermentation, métabolisme) et la synthèse de vitamines, enzymes, hormones…

Il est résilient ; sa composition demeure en effet remarquablement stable dans le temps. Ainsi, en cas de perturbation comme la prise d’antibiotiques, le microbiote revient progressivement à un état proche de son état antérieur. Notre flore intestinale apparait donc comme un écosystème qui s’autorégule en permanence. Cet équilibre est sous la menace d’agressions pouvant conduire à sa rupture. Ainsi, les dysbioses signent un déséquilibre du microbiote pouvant résulter de l’excès de micro-organismes délétères et/ou l’insuffisance relative de micro-organismes bénéfiques à l’hôte. Ces dysfonctionnements ont des conséquences néfastes plus ou moins graves pour l’hôte qui touchent non seulement les intestins mais qui sont aussi impliqués dans de nombreuses pathologies métaboliques (diabète type 1, l’obésité, les allergies, la maladie de Crohn, la maladie cœliaque…) et neuropathologies (dépression, maladies neurodégénératives…).

L’étude du microbiote intestinal constitue un nouveau et passionnant paradigme en biologie. Ainsi, la recherche scientifique est depuis quelques années en plein essor (plus de 2 000 études au cours des dix dernières années) sur ce sujet foisonnant et riche d’enseignement. Et ce n’est qu’un début. Le décryptage récent des génomes des bactéries intestinales a donné un coup d’accélérateur aux recherches concernant le microbiote. Cependant, beaucoup reste à faire pour accroître les connaissances sur cet organe vital mais encore mal connu afin de mieux comprendre son fonctionnement, son influence sur la santé et la maladie.

Cet organe insaisissable n’a pas donc fini de faire parler de lui.

Le profil « Equiflore » miroir de notre état de santé

Vous connaissez peut-être le terme d’épigénétique. Ce mot désigne le domaine de recherche qui étudie comment l’environnement et notre mode de vie influent sur l’expression des gènes sans les modifier. Les facteurs épigénétiques sont vastes et multiples : régimes et qualités alimentaires, types d’hydratation, consommation alcool, tabac, pratiques sportives, thérapies psychiques, médications (conventionnelles ou complémentaires y compris la prise de probiotiques), environnement professionnel…

A l’image de l’épigénétique, nous pouvons parler d’épimicrobiotique, c’est-à-dire l’analyse des paramètres alimentaires et hydriques (qualité, nature des produits, modes de consommation…) susceptibles d’influencer la composition du microbiote d’un individu.

En cas de perturbation manifeste ou apparente de notre fonctionnement digestif et avant d’envisager toute modification «épimicrobiotique» de notre mode de vie (changement de régime alimentaire, du mode ou de la qualité de l’hydratation, exclusion ou incorporation d’aliments spécifiques, prise de probiotiques ou de thérapeutiques régulatrices du microbiote…), il est pertinent de poser d’abord un diagnostic de l’état de santé microlitique intestinal.

Comment connaitre notre microbiote intestinal ?

A partir de la flore fécale issue du côlon qui constitue un bon reflet de celle de nos intestins même si elle n’en est pas toutefois une copie conforme.

Nous avons retenu un profil microbien singulier dénommé «Equiflore » qui permet de réaliser «un bilan microlitique» personnalisé à partir d’échantillons de selles.

Cet outil diagnostique, réalisé depuis des dizaines d’années par un microbiologiste, ne concerne que les micro-organismes connus pour avoir une relation entre la qualité des aliments et leur impact sur la santé humaine (ou animale). Il comprend la recherche d’une douzaine de microbes «utiles» mais aussi «pathogènes» :

Coliformes, lactobacilles, Entérobactéries, Clostridium perfringens, staphylococcoques, levures (dont Candida Albicans) et moisissures

Cette analyse doit s’effectuer sur prescription et suivi d’un thérapeute de santé (médecins, naturopathes, nutritionnistes…) formé et compétent en matière de connaissance du microbiote et des dysbioses associées. L’une des références européennes en la matière est sans conteste l’école de l’association « Stélior »

(Renseignements sur le site web : http://www.nutritherapeutes.com/ecole_stelior.html).

Ce profil microbien est réalisé en deux temps. Le microbiologiste effectue une première analyse microbiologique de selles. A l’aide de ce premier bilan, le thérapeute «référent» proposera au patient, en concertation avec le microbiologiste, de possibles corrections nutritionnelles (changement de régime alimentaire, du mode ou de la qualité de l’hydratation, exclusion ou incorporation d’aliments spécifiques…). Un deuxième bilan comparatif sera effectué plusieurs semaines après le suivi de(s) la modification(s) préconisée(s) par le thérapeute «référent». La réalisation de ces deux profils requiert de ne pas suivre ou de ne pas avoir subi de traitements au cours des dernières semaines (antibiotiques, probiotiques, huiles essentielles…) afin de ne pas fausser les analyses.

Retranscription de l’article de  » Yann Olivaux  »

Marion Kaplan

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