Nos comportements alimentaires

S’il il y a bien un domaine dans lequel nous sommes tous conditionnés, c’est notre alimentation. Notre éducation alimentaire débute in utero à travers ce qu’a ingéré notre mère, qui nous a imposé ainsi ses goûts et ses choix. Mais cela continue à travers l’allaitement, qu’il soit naturel ou artificiel, car c’est un moment essentiel pour entretenir une relation privilégiée avec notre mère. Cette intimité peut-être vécue avec un grand réconfort ou bien avec un sentiment d’être rejeté, car votre mère peut penser à autre chose et ne pas être disponible.

S’ajoute à cela toute la mémoire de l’humanité. La peur de manquer est profondément ancrée dans notre inconscient collectif, car l’homme a dû, depuis la nuit des temps, faire face à la faim, aux famines, et aux disettes engendrées par les conditions climatiques extrêmes ou la pauvreté des sols dans certaines régions.

Notre corps se souvient de tous ces moments de manque et c’est pourquoi, dès que vous vous mettez au régime, il emmagasine un maximum « au cas où » !

Vient enfin l’éducation : ma mère était sans cesse au régime. J’étais de nature très gourmande, et je ne comprenais pas pourquoi ma mère pouvait sauter un repas ou se priver d’un si bon gâteau ! Je ne me sentais pas concernée jusqu’à ce que la puberté arrive.

– Ma pauvre fille, tu vas devoir toujours faire attention !

En effet, j’ai commencé à emmagasiner les kilos sur les cuisses et les fesses, et même dans les joues et ça, c’était juste impossible !

J’ai commencé une série de compulsions boulimiques suivies de périodes d’anorexie. Je mangeais toujours coupable. Je me suis petit à petit affranchie de cette culpabilité en me disciplinant et en travaillant sur moi.

Lise Bourbeau

Lise Bourbeau m’a beaucoup apporté. Je lui en serai éternellement reconnaissante.

Voici ce qu’elle m’a appris :

Que l’on soit européen, asiatique, maghrébin, africain ou américain nous sommes tous des êtres humains sensibles et vulnérables. Il y a un tronc commun entre nous tous, ce sont nos blessures et nos émotions.

Les 5 blessures

 

- la blessure de rejet

- la blessure d’abandon

- la blessure d’humiliation

- la blessure de trahison

- la blessure d’injustice

5 blessures

La blessure de rejet

Nous avons tous notre manière d’interpréter la réalité. Cette interprétation entraînera un ressenti différent selon la personne. Deux jumeaux peuvent réagir de façon totalement opposée à un même sujet. Imaginons une petite fille qui s’est sentie rejetée dès la naissance car sa mère voulait un garçon … Quoi que fasse sa mère, la petite fille devenue adolescente et interprétera toujours de travers le comportement de sa mère et elle mettra en place des mécanismes de défense qui entraîneront les autres à la rejeter. Le pire des défauts de cette blessure de rejet étant l’orgueil! L’orgueil nous entraîne dans un cercle vicieux. Nous justifions que nous avons raison et que les autres ont tort et nous rayons ainsi de plus en plus de personnes. Résultat : on se retrouve seul.

Les personnes se sentant rejetées auront tendance à avoir l’appétit coupé. Elles finissent par ne plus rien ressentir, elles ne sentent même plus que leur corps a besoin de nourriture. Elles vont souvent fuir dans les aliments sucrés, quand ce n’est pas de l’alcool ou des drogues. Elles vont aimer manger épicer car elles ont besoin de trouver certaines sensations.

Ce sont souvent des personnes fuyantes.

rejet

La blessure d’abandon

L’abandon est une blessure très courante. Par exemple, j’ai une amie qui a été élevée par une nourrice pendant les premiers mois de sa vie parce que sa mère était malade. Le ressenti de cette personne a donc été une immense blessure d’abandon et elle a bien entendu de nombreux problèmes face à son alimentation.

Ce sont des personnes qui veulent tout contrôler. Quand elles se sentent abandonnées elles ont un grand sentiment de vide intérieur. Et qui va compenser ce vide intérieur ? La nourriture. Elles peuvent alors manger sans fin. En général c’est plutôt du chocolat, des aliments sucrés qui vont compenser ce sentiment d’abandon. Cela leur donne une satisfaction très temporaire car elles ont l’impression de recevoir ce qui leur manque. Mais le creux à l’estomac persiste et la boulimie n’est pas loin. C’est comme s’il n’y avait pas de fond en elle-même. Elles ont l’impression que la nourriture remplace leur manque affectif. Mais c’est un leurre. D’ailleurs, quand elles sont en bonne compagnie, elles vont manger très lentement pour faire durer le plaisir. C’est peut-être une manière de capter l’attention dont elles ont besoin. Elles aiment d’ailleurs plus les aliments mous que les aliments difficiles à mastiquer.

Ce sont souvent des personnes dépendantes.

abandon

La blessure d’humiliation

Ce sont des personnes qui courent après la perfection. Elles ont peut-être compris qu’en étant parfaites on les aimerait. Mais c’est un leurre et comme la perfection est inaccessible, ce sont des personnes qui se sentent sans cesse indignes, honteuses, gourmandes dans le mauvais sens du terme. Bref elles sont masochistes et cherchent à se punir dans la souffrance. Elles souffrent quand elles ont faim et elles souffrent après avoir trop mangé. Un vrai cercle vicieux. Devant les autres, elles vont se contrôler et se retenir de manger ce qu’elles aiment le plus au profit d’aliments considérés comme bons et dignes de leur bonne santé. Mais à force de contrôler, elles craquent et mangent de manière exagérée. Elles n’arrivent pas à résister : c’est tellement bon ! S’ensuit un énorme sentiment de culpabilité. Mais comme elles ont commencé à manger, elles peuvent se donner plein de raisons pour continuer. Elle s’en veulent, mais, quitte à avoir débordé, autant continuer. C’est la porte ouverte à l’autodestruction. Ces personnes sont plus attirées par les aliments gras : le beurre, la crème, les viandes grasses, les sauces riches etc. elles peuvent aller jusqu’au dégoût de la nourriture et d’elle-même.

humiliation

La blessure de trahison

Ce sont des personnes qui ne font confiance à personne et qui veulent avoir le contrôle de tout ce qui se passe à l’extérieur. On dit d’elles qu’elles mettent leur grain de sel partout et c’est valable au sens propre comme au sens figuré. Vous avez certainement connu des personnes qui salent leur plat quoiqu’il arrive sans avoir goûté ! C’est devenu machinal et souvent elles ne se rendent même pas compte. Elles mangent souvent très vite, sans mastiquer et sans prendre le temps de goûter aux aliments. Ne portant pas attention à ce qu’elles mangent ces personnes peuvent manger plus que nécessaire. Il y a souvent une colère cachée derrière ce comportement.

Ce sont des personnes contrôlantes.

trahision

La blessure d’injustice

Ce sont des personnes qui ont du mal à se laisser aller. Elles essayent de se contrôler au maximum. Ce sont des personnes capables de suivre des régimes draconiens pour obtenir le poids idéal, la santé parfaite, la taille acceptable etc. Cela démontre une certaine rigidité. Tout comme la personne dépendante, elles se sentent aussi très coupables mais, comme elles savent très bien se contrôler, elles arrivent à se raisonner, à se persuader que ce n’est pas grave et vue que c’est juste cette fois-ci, cela occulte leur culpabilité. Cela peut entraîner des douleurs physiques soudaines, très douloureuses qui occultent leur culpabilité et qui témoignent pourtant qu’elles se punissent de façon inconsciente. Comme elles sont très exigeantes envers elles-mêmes, elles auront tendance à ajouter des épices à leur alimentation, pour atteindre la perfection. Elles aiment les aliments croquants, qui croustillent sous la langue. Elles aiment bien manger des légumes crus et durs.

Beaucoup de personnes intolérantes au gluten ou à autre chose vont certainement se reconnaître dans ce profil. Elles vont devoir lire les étiquettes pour savoir si cela correspond à ce qu’elles peuvent manger etc. elles peuvent d’ailleurs juger sévèrement les personnes qui mangent en grande quantité n’importe quoi car, ne se le permettant pas, elles n’acceptent pas que quelqu’un d’autre puisse le faire. Je dois dire, que je me reconnais pas mal dans ce profil…

On qualifie ces personnes de rigides.

injustice

Si vous vous reconnaissez dans un ou plusieurs de ces profils, cela peut peut-être vous aider dans un premier temps à vous reconnaître et, dans un deuxième temps, à vous aimer.

Si vous voulez aller plus loin dans l’étude de votre comportement alimentaire je vous conseille 2 ouvrages :

Ecoute et mange de Lise Bourbeau aux éditions écoute ton corps

Nutrition consciente de Marion Kaplan aux éditions Grancher

 

Marion Kaplan

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